"A quelques exceptions près, nos espèces d'arbres indigènes ne sont pas adaptées à la sécheresse et à la chaleur prolongées. Les espèces de cèdres et de noisetiers plantées ici sur le site expérimental proviennent de régions où de telles conditions existent, mais les gelées hivernales et tardives ne sont pas non plus inconnues de ces essences. Elles devraient donc pouvoir faire face aux défis du changement climatique", poursuit le spécialiste forestier.
C'est la visite d'un conférencier de l'Office bavarois de sélection des semences et des plantes forestières, le Dr Muhidin Šeho, au cours de l'été 2018, qui a mis le feu aux poudres. En tant qu'expert reconnu de ces essences, celui-ci a pu faire part de ses expériences et de ses conclusions scientifiques aux forestiers de Ludwigsburg. L'été extrême a ensuite été l'occasion de faire avancer le sujet. La mise en place de la parcelle expérimentale a été réalisée en collaboration entre le département des forêts et l'Institut de recherche et d'expérimentation forestière (FVA) du Bade-Wurtemberg. "La partie de la forêt dans le Pulverdinger Holz s'est imposée pour une telle installation expérimentale : la surface est facilement praticable et le peuplement précédent était fortement endommagé par différentes maladies fongiques graves", explique le chef de triage responsable Hartmut Flunkert.
L'essai de culture comprend des cèdres de l'Atlas, des cèdres du Liban, des noisetiers, des sapins de Douglas, des charmes et des chênes sessiles. Les deux derniers sont considérés comme les essences indigènes les mieux adaptées aux conditions climatiques attendues. Les forestiers ont également des expériences séculaires avec le sapin de Douglas, originaire d'Amérique du Nord. La comparaison directe des essences doit permettre de voir si le cèdre et le noisetier peuvent effectivement répondre aux attentes élevées que les forestiers placent en eux. La surface fait l'objet d'un suivi scientifique par la FVA, de sorte que des données fiables seront disponibles au fil du temps.
"Nous ne voulons pas remplacer les essences indigènes, mais préserver la forêt ! Cet objectif exige que, sur des sites extrêmes, un mélange sain de feuillus indigènes et d'essences alternatives forment ensemble la forêt de demain", explique le directeur adjoint du département Forêts.
