Contexte :
Les cinq départements membres du réseau de la région de Stuttgart – Böblingen, Esslingen, Ludwigsburg, Göppingen et Rems-Murr – ainsi que la capitale du Land sont confrontés à des défis financiers sans précédent. Afin d’assurer la pérennité des transports publics locaux (TPL) dans la région et de pouvoir financer de manière fiable le statu quo, une action commune et solidaire de tous les acteurs s’impose de toute urgence.
Compte tenu de la situation budgétaire dramatique, les communes demandent donc au Land de Bade-Wurtemberg d’adapter rapidement le contrat relatif au financement de la réforme des zones tarifaires et de reprendre sa participation au financement. Cela permettrait d’alléger les budgets communaux de plusieurs millions et constituerait une contribution concrète à la garantie d’une offre stable en matière de transports publics, même en période difficile.
Une autre revendication s’adresse à l’association « Region Stuttgart ». Celle-ci doit suspendre la redevance de transport pendant deux ans, soulager ainsi les villes, les communes et les districts d’un montant de plusieurs millions et apporter ainsi sa contribution à la stabilisation des budgets communaux.
Évolution structurelle des recettes : le « Deutschlandticket » a des répercussions sur le financement du VVS
Au 31 mars 2019, la structure tarifaire de l’Association des transports et des tarifs de Stuttgart (VVS) a été simplifiée de manière durable grâce à une réforme historique des zones tarifaires. À l’initiative du Land, la structure est passée de plus de 50 zones tarifaires à seulement six zones.
Les collectivités locales responsables ont expressément salué et soutenu cette mesure dans l’intérêt des usagers, bien qu’elle ait entraîné des pertes de recettes considérables , s’élevant à l’époque à 42,3 millions d’euros .
Ces pertes de recettes ont été refinancées par les cinq districts membres du réseau, la capitale régionale et , au départ, également par le Land de Bade-Wurtemberg. Depuis 2025, le Land s’est toutefois entièrement retiré de cette participation financière.
Parallèlement, l’introduction du « Deutschlandticket » à l’échelle nationale a bouleversé en profondeur le système de financement des transports publics. L’ancienne réforme des zones tarifaires ne concerne aujourd’hui plus qu’environ 20 % de l’ensemble des recettes du transport occasionnel. Néanmoins, les districts membres du réseau et la capitale régionale continuent de verser l’intégralité du montant de compensation initial. Actuellement, le Land bénéficie, pour ses trains régionaux – comme avant l’introduction du « Deutschlandticket » –, d’une somme annuelle de 2,93 millions d’euros, sans apporter lui-même de fonds de compensation. En cas d’
adaptation aux recettes réelles et réduites du transport occasionnel, le Land percevrait ainsi, dans le statu quo, 2,35 millions d’euros de trop par an.
« Compte tenu de cette mutation structurelle massive des recettes et de la situation budgétaire extrêmement tendue dans nos communes, la pratique actuelle en matière de financement n’est tout simplement plus défendable », affirment d’une seule voix les districts et la capitale régionale. « Nous ne pouvons pas continuer à payer sans réserve pour un système qui ne tient pas compte de la réalité. La compensation issue de la réforme des zones tarifaires doit désormais être adaptée de manière urgente et cohérente aux réalités du transport occasionnel – toute autre solution ne peut plus être expliquée aux contribuables locaux. Nous comptons sur la nouvelle ministre des Transports », tel est le message adressé au Land.
Que réclament concrètement les autorités locales de la région de Stuttgart ?
Dans un premier temps, il s’agit de réduire les paiements que le Land perçoit au titre du fonds commun de recettes. En vertu du contrat actuel, le Land reçoit 2,93 millions d’euros pour ses trains régionaux. Si le contrat était adapté au transport occasionnel, la dotation du Land serait réduite de 2,35 millions d’euros ; les fonds ainsi supprimés devraient être prélevés sur le budget du Land et allégeraient la charge des autorités locales (LHS : environ 1,32 million d’euros, BB : environ 334 000 euros, ES : environ 454 000 euros, LB : environ 453 000 euros et RMK : environ 371 000 euros).
Objectif : une solution négociée constructive plutôt qu’une résiliation
Les districts et la capitale régionale soulignent expressément qu’ils aspirent à une solution négociée à l’amiable. La priorité absolue est d’adapter de manière concertée le contrat relatif au financement de la réforme des zones tarifaires. Étant donné qu’une résiliation pourrait avoir des répercussions considérables et tangibles sur les usagers dans toute la région, cette mesure doit être évitée dans l’intérêt commun de toutes les parties concernées.
Les collectivités locales à bout : des dégradations concrètes des transports publics menacent
Le 22 juin 2026, lors de la journée d’action nationale « Communes à bout de souffle », les villes, communes et districts ont clairement mis en évidence à quel point leur situation financière est dramatique. Aucune amélioration durable de la situation budgétaire des communes n’est en vue. En conséquence, des suppressions de lignes et de services, notamment dans le réseau de bus des départements, font déjà l’objet de débats publics et ont, dans certains cas, déjà été mises en œuvre.
Ces menaces de détérioration compromettent massivement l’objectif commun d’une transition réussie vers des transports durables et d’un réseau de RER attractif. Aujourd’hui déjà, les citoyens de la région sont mis à rude épreuve depuis des années par le manque de fiabilité du RER et les fermetures totales liées aux chantiers. Bien que l’image du RER en tant que partenaire fiable ait considérablement souffert, les collectivités locales continuent depuis des années de verser la contribution nécessaire à une cadence au quart d’heure tout au long de l’année. Or, aucun remboursement n’est accordé pour les prestations non fournies ou déficientes.
Deuxième revendication importante : l’Association régionale de Stuttgart doit utiliser de manière ciblée les réserves issues du budget des transports afin de financer une suspension de deux ans de la contribution aux transports versée par les districts et la ville de Stuttgart, capitale du Land
La réserve destinée aux transports de l’Association régionale de Stuttgart a atteint en 2026 la somme considérable de 154 millions d’euros, et ce à une époque où les communes, les villes et les districts ont épuisé la quasi-totalité de leurs réserves. Il serait temps désormais que l’Association régionale de Stuttgart contribue elle aussi à la stabilisation des finances communales. Il est inacceptable que, partout ailleurs au niveau communal, des commissions chargées de la structure budgétaire passent les budgets au crible à la recherche de possibilités d’économies, tandis que le VRS envisage plutôt d’étendre ses missions et ses compétences. Il est inacceptable que, dans les années à venir, la VRS continue à constituer des réserves alors que les communes locales sont contraintes de procéder à des réductions sensibles des prestations dans les transports publics. Cela est impossible à faire accepter par les citoyennes et citoyens. Le VRS fait partie de la famille communale et la mission des transports publics est une mission collective.
Cette revendication est soutenue par toutes les villes et communes de la région de Stuttgart, et les demandes adressées au VRS ont été cosignées par les présidents des cinq groupements de maires.
Il ne fait aucun doute que des investissements considérables – tels que l’acquisition d’une nouvelle flotte de trains de banlieue – sont à prévoir dans les années à venir. Toutefois, la réserve de transport n’est pas destinée, selon sa raison d’être, à l’épargne préalable en vue de tels investissements. La majeure partie des obligations de paiement relatives aux nouveaux véhicules ne sera de toute façon exigible qu’au début ou au milieu des années 2030, après la réception des véhicules. Quant à savoir quand ceux-ci circuleront effectivement, cela reste incertain compte tenu de la lenteur des travaux du projet S21. Enfin, le système de financement de l’association prévoit par défaut un financement par le biais des contributions et non pas, en premier lieu, à partir de la réserve.
Prochaines étapes :
D’ici à l’établissement des budgets communaux, des discussions doivent être menées et une décision du VRS doit être obtenue.