"Si nous voulons nous attaquer au problème de manière rigoureuse, nous avons besoin dans le district d'un aperçu pratique et complet de l'évolution de nos vignobles en forte pente. Pour cela, nous devons également utiliser des technologies modernes", explique le Landrat Dietmar Allgaier. Le Landratsamt de Ludwigsburg fait partie des partenaires du projet modèle développé et dirigé par le Centre de calcul haute performance de l'Université de Stuttgart (HLRS). "Nous allons assister à un changement dramatique du paysage si nous n'agissons pas maintenant", poursuit le Landrat.
Une présentation par bateau permet des perspectives particulières
Le "jumeau numérique" a été présenté aux maires des communes situées le long des boucles du Neckar, de Marbach à Hessigheim, sur le bateau pousseur "Delphin" de l'Office de la navigation et des voies navigables (WSA). "Il s'agit de donner une impression particulière, sous une perspective très différente de celle à laquelle nous sommes habitués, de la transformation déjà bien avancée dans certaines parties ainsi que de la menace de transformation de ce paysage si cher", explique Claus-Peter Hutter, président de la fondation NatureLife-International et initiateur du projet "Jumeau numérique des terrasses du Neckar".
Professeur Resch : une base de décision pour la gestion du paysage
"Le 'jumeau numérique' doit rendre visibles, grâce à diverses simulations, les modifications potentielles du paysage sous différentes projections, afin d'obtenir des bases d'évaluation et de décision de plus en plus urgentes pour la gestion durable du paysage", explique le professeur Dr Michael Resch, directeur du HLRS, lors de la présentation des premiers exemples de simulation.
Les impressions virtuelles des simulations sont aussi décevantes que la vue réelle des vignobles depuis le bateau. À Benningen, le problème est connu depuis longtemps. Là-bas, l'initiative "Wengerter auf Probe" (vignerons à l'essai) permet d'y remédier. De Pleidelsheim en direction de Mundelsheim, la dégradation des vignobles en aval de Kleiningersheim est clairement visible. Le Mühlbächer, sur la rive opposée du Neckar, est encore presque entièrement planté de trollinger. L'exploitation est toutefois précaire. Cela va tant que les vignerons du week-end et du soir font encore le travail eux-mêmes, presque comme un hobby. Pour les exploitations à plein temps, cela n'est plus rentable. "L'exploitation devrait recevoir de la coopérative une rémunération de près de 19.000 euros par hectare de raisin pour payer à un travailleur le salaire minimum de 12,50 euros pour 1.500 heures", calcule Fabian Alber, viticulteur et maître de chai de la manufacture de vin exNicrum à Hessigheim. En réalité, le paiement ne représente qu'une fraction de cette somme. La perspective d'avenir la plus favorable est sans doute celle du Käsberg de Mundelsheim. Il est considéré comme l'un des monuments naturels culturels et historiques les plus importants du Neckar. "C'est aussi le premier endroit où l'on a reconnu le potentiel de replantation de cépages de qualité et où l'on a agi avec détermination", explique le Dr Herbert Müller, copropriétaire d'exNicrum, qui exploite avec Alber au Käsberg un hectare de cépages méditerranéens et est partenaire du projet "Digitaler Zwilling Neckarterrassen".
Un besoin d'action urgent nécessite des mesures concrètes
Le domaine viticole Herzog von Württemberg et quelques viticulteurs de la cave du Käsberg, qui appartient aux Weingärtner de Lauffen, se sont également convertis à ce type de cépages. Mais ce qui frappe brusquement à l'extrémité du Käsberg, à la limite du territoire communal avec Hessigheim, c'est que près de vingt parcelles du Mühlberg ne sont plus exploitées depuis l'automne dernier. Le maire de Hessigheim, M. Pilz, en est convaincu : "Il est urgent d'agir". Il travaille avec le conseil municipal à l'élaboration d'une directive de promotion. "Ce qui est sûr pour moi, c'est que le district et les communes sont appelés à prendre des mesures concrètes", résume Allgaier. "Cela implique des incitations financières ainsi que des priorités pour la préservation du paysage sur la base d'une transparence totale, que les simulations informatiques sont les mieux à même de créer".
Les mesures d'encouragement doivent soutenir
Le Landrat Allgaier s'engage depuis longtemps déjà de manière accrue en faveur de mesures concrètes visant à préserver l'aspect paysager historique des vignobles en forte pente. Il s'appuie sur les résultats du projet Steile Weine, qui a été réalisé avec des fonds du Land et des collaborateurs du Landratsamt. Comme résultat, il est recommandé aux viticulteurs de replanter leurs vignobles avec des cépages d'Europe du Sud et résistants aux champignons à la place du trollinger. En outre, des pistes pour la commercialisation par les coopératives et les domaines viticoles privés sont indiquées. Les coopératives, leurs membres et les viticulteurs privés sont maintenant appelés à mettre en œuvre les recommandations d'action. Mais comme les viticulteurs doivent supporter des coûts considérables pour replanter leurs vignobles et qu'ils souffrent d'un manque à gagner pendant l'année de plantation et l'année suivante, ils ont besoin d'être soutenus par des mesures de promotion. Des fonds de l'UE sont disponibles à cet effet, et il existe déjà de très bonnes approches de soutien de la part des communes comme Mundelsheim et Hessigheim.
